jeudi 24 septembre 2020

Journal d’avant 40 – 24

Journal d’avant 40 – 24

J’avoue, je me suis trompé. L’annonce du conseil national semble aller très légèrement dans le bon sens. Même si les restrictions sont toujours là, il y aura a priori plus de bon sens dans l’évaluation de la situation et le masque ne sera plus obligatoire partout à toute heure en plein air.

Et me voilà de me réjouir car ce n’est pas pire alors qu’il y a 6 mois je vouais aux gémonies tous ces politiciens fascisants. Comme quoi l’homme a une capacité d’adaptation et peut tout à fait se faire manipuler et gouverner par des néo-totalitarismes. Cela répond à l’interrogation principale que j’avais quand j’étudiais la deuxième guerre mondiale et le 3e Reich notamment. Je ne voyais pas comment cela avait été possible malgré les explications logiques écrites dans les livres (difficultés économiques, vexation de la Grande guerre).

Et pourtant c’est simple. Et sans doute encore plus simple aujourd’hui avec les opérations de lobotomisation de masse. « La Terre est plate » assertion qui recueille un succès de plus en plus vif auprès de certaines populations comme témoigne le sociologue spécialiste des croyances Gérald Bronner. Cela fait rire mais on peut mesurer l’écart et l’incapacité à échanger avec ces personnes (ceux qui croient que la Terre est plate et que toutes les images et découvertes scientifiques sur ce sujet ne sont que supercheries) qui veulent installer une égalité des pensées en surfant sur le droit à ne pas être discriminé. « Bouh honte sur toi, laisse-moi penser que la terre est plate » et d’autres sur les réseaux de répondre : « rrr le gars totalement intolérant qui veut imposer sa pensée, le pur mal blanc hétéro catho qui veut nous imposer que la Terre est ronde alors qu’il en a jamais fait le tour pour le prouver ». Nous n’en sommes pas très loin. C’est comme si je disais qu’Emmanuel Macron était un abruti et qu’on me répondait qu’il était un président brillant, il faut tout de même être capable de classer et d’évaluer la réflexion. Il ne s’agit pas que d’un jugement à l’emporte-pièce.

En parlant de pièce j’ai déjà été gâté en avance en ayant un nouveau portefeuille très élégant qui ne les perdra plus, un peu de vanité de temps en temps, surtout quand on vieillit c’est de mise. J’avais égaré l’autre dans un taxi madrilène, heureusement un de mes « amis » qui y habitait n’avait qu’à aller le chercher aux objets trouvés … ou pas. Et puis, autre richesse un très beau film de Jim Jarmusch que je n’avais pas vu depuis longtemps et aujourd’hui des cours de, suspense, quelque chose qui paraît élégant mais qui pourrait être pour moi risqué. Non vous  ne voyez pas ?! Tauromachie, hum pas loin. Il y a le collant en commun même si j’espère que je serai exempté du port de la montera.

Il s’agit bien d’une carte découverte pour devenir petit et vert avec des grandes oreilles, toujours pas ?! Et oui du Yoga, j’ai toujours préféré Shiryu mais bon, je peux faire un petit effort. Ceux qui me connaissent se marrent déjà, car oui hein pourquoi m’a-t-on offert ce type de cours, comme si il pouvait m’arriver sporadiquement d’être nerveux. Alors sur le site il y a le Yoga à la bougie, sans doute pour faire des économies d’énergies. Le Yoga aérien, j’espère qu’ils fournissent le parachute dans la formule. A part quelques noms indiens qui ont survécu c’est du Yoga à l’anglaise, Hot Yoga cela fait sans doute plus sexy que Yoga Chaud, même si j’ai peur d’être aussi à l’aise qu’une saucisse fourrée dans un pain à chien chaud. Non non moi qui suis la souplesse incarnée je ne crains rien, j’ai hâte de tenter la posture du chien de prairie apaisé ou la pirouette du coati en extase. Ce mois des 40 ans est plein de surprises et cela va peut-être continuer, c’est vraiment chouette je suis gâté (et sans doute dans plusieurs sens du terme). Curieux d’être à demain.

Sur ce à demain.

mercredi 23 septembre 2020

Journal d'avant 40 - 23

Journal d’avant 40 – 23

Aujourd’hui en Belgique se tient un nouveau conseil national pour discuter et décider des actions à prendre face à l’épidémie du coronavirus. Je cite le Soir : « Pour l’occasion, le Comité d’évaluation fédéral a été chargé de se pencher sur une façon de réinventer la façon d’entretenir des relations sociales ». Ca fait plus que froid dans le dos quand même, j’ai l’impression de lire une phrase de 1984 ou du Meilleur des mondes. Et puis quoi encore ?

Sérieusement ce n’est pas imaginable d’en arriver là. Bon, que vont-ils pouvoir proposer ? vont-ils faire mieux que le Canada qui avait officiellement recommandé d’utiliser des glory holes pour les relations intimes. On peut partir sur de nombreuses conjectures vu la nullité et la débilité qui animent les pseudos experts de Sciensano (se souvenir que leur directeur est un vétérinaire, cela explique pas mal de choses) et les membres du gouvernement temporaire qui ont fait à peu près l’inverse de tout ce qui semblait propice.

Ils vont peut-être donner aux gens des heures de sortie en fonction des deux derniers chiffres du numéro national (numéro sur la carte d’identité), pas de bol pour ceux dont le numéro termine par un chiffre entre 00 et 07 car les ballades ne seront pour eux autorisées qu’en pleine nuit. Mieux vaut avoir le 12 afin de profiter de sa pause déjeuner pour faire ses courses. Le port du masque à l’intérieur des maisons avait déjà été soufflé par les médecins néerlandophones de Bruxelles (bravo les mecs, à ce niveau). Nous aurons peut-être également des matchs de foot où chaque équipe joue l’une après l’autre toutes les 10 minutes mais sans se croiser. Du coup ça ferait du boulot pour l’arbitre et nous battrions des records, 500 buts à 485. La bulle de 5 va-t-elle passer à des bulles de un demi, entraînant le port de la nappe en plastique autour de la taille afin de se scinder et que de succomber à l’expression parle à mon cul n’ait pas d’incidence dramatique. Un seul usager par rame de métro sans doute. Du coup bon bah avec un peu de jugeote, on pourra arriver à peu près à la bonne heure, mais la semaine d’après.

Heureusement qu’il y a la parade magique, le joker ultime, le kayak. En effet en notre beau plat pays, tout est permis au Kayakiste. Ce fut le premier sport autorisé pendant le confinement et cela reste un grand mystère. Nous aurons donc prochainement des rues avec des personnes ayant sacrifié leur embarcation pour y passer leurs jambes, et marcher, accoutrées d’un Kayak en tour de taille. Ce sera joli, et presque poétique. Et puis dans la longueur ça marche super bien pour la distanciation sociale (bon en largeur non, mais je pense que Maggie Deblock ne se pose pas la question, car en largeur son visage est par défaut à au moins 1.5 mètres de distance de toute personne qui oserait s’approcher). Cela donnera un air de rivière à nos grandes artères, et puis nous pourrons tous dire que nous sommes dans le même bateau et que c’est une année où tout le monde rame. Cela me fait penser au film Comme un avion de Bruno Podalydès où un homme fait en quelque sorte sa crise de la quarantaine, non en faisant un tour du monde en avion dont il est fan mais en partant sur le cours d’eau voisin en canoë (comme un avion sans aile et moins risqué) et en s’arrêtant au bout de … quatre kilomètres. Film qui m’avait bien plu, comédie un peu étrange certes  qui ne ravira pas ceux qui ont besoin d’un coup de feu par minute, mais pourquoi ne pas essayer.

Je ne vais pas partir en Kayak, enfin pas tout de suite, je vais tout de même attendre que le flot me mène naturellement à mes 40 ans. Ca approche, c’est inéluctable et ça ne s’arrête pas. Comme un cours d’eau…  

Sur ce à demain.

mardi 22 septembre 2020

Journal d'avant 40 - 22

Journal d’avant 40 – 22

Arf, horreur ! j’ai vu hier la nouvelle publicité du Ministère français de la servitude volontaire, ou celui de la Santé, j’ai un petit doute là-dessus. Bon toujours est-il pour ceux qui ne l’ont pas vu que ce sont des gens qui se font la bise, à l’école, puis au travail et ensuite ils fêtent l’anniversaire d’une sexa ou septuagénaire tous ensemble, sans masque, ils font une photo autour du gâteau, puis chambre d’hôpital on voit la pauvre mamie sous respirateur. Alors là quand même ils y vont un peu fort pour finir de me condamner à ne pas fêter mes 40 ans. C’était au cas où des membres de ma famille aient souhaité venir me voir, comme ça forcément, la panique continue de plus belle chez ceux qui vivaient déjà dans la crainte et le rejet est encore plus ferme chez ceux qui se disaient que c’était n’importe quoi.

Certes il ne faut pas que je commence à penser à la théorie du complot, mais c’est tout de même étrange que cela tombe pile poil l’année de mes 40 ans. L’année de mes 30 ans il s’agissait encore de la grosse crise économique. Je me demande bien ce qu’on me réserve pour mes 50 ? la montée des eaux jusqu’à Bruxelles ? Cela vaut peut-être la peine de mettre des options sur les gondoles vénitiennes qui se verront désœuvrées une fois la sérénissime submergée. A moins que ce ne soient des chinois qui en aient eu après moi, je cherche, non pourtant  je ne vois pas ce que j’aurais pu faire pour leur déplaire. Alors oui, depuis le covid je ne suis pas particulièrement tendre avec eux, mais avant, franchement, je ne vois pas. Je sais manger avec des baguettes, je bois du thé, une de mes pâtisserie préférée s’appelle Chinois, j’étais fan de Bruce Lee étant enfant et la plupart de mon matériel informatique est Made in China. Ah attendez, vous croyez qu’ils se sont formalisés à cause du gâteau, ils ont entendu que j’adorais manger du chinois et bam ?! Nous voilà tout de même avec une riposte pas loin d’être autant proportionnée que celle de Tsahal face à un jet de pierre palestinien. Alors pour dissiper tout malentendu quelques petites précisions – en alsacien ce gâteau s’appelle Schneckekueche, oui même si ça va vous aider à éliminer des voyelles au Scrabble c’est plus compliqué à dire que Chinois. C’est un gâteau brioché fourré aux amandes qui a de multiples formes d’escargot, c’est top bon. Bon cependant je n’ai aucune idée de pourquoi il s’appelle communément Chinois, recette en cadeau ici : https://www.recettes-alsace.fr/schneckekueche-gateau-dit-chinois/

Afin d’éviter toute surenchère la prochaine fois que je vais en pâtisserie je n’en prendrai plus, je prendrai un, hum laissez-moi réfléchir, une tête-de-nègre ou un congolais, ah non mince vous avez raison en période BlacklivesMatter c’est également risqué, bon et bien ce sera, même si c’est quasi impossible d’en trouver en Belgique une religieuse au chocolat, ou à défaut des pets de nonnes.

Avec tout ça j’ai faim et ça ne va pas m’aider dans la volonté de lancer une opération perte de poids. L’avantage c’est qu’avec les 40 ans passés, j’aurais une indulgence tacite : t’as vu il a pris quand même le philou ! Ah bah oui mais avec le confinement, et puis c’est un quadra maintenant. Ah, oui t’as raison , ça va en fait ! C’est cela, j’ai l’impression que cette décennie s’annonce comme celle du « ça va en fait », qui précède la décennie « attends pour son âge ça va», qui précède celle du « si je pouvais être pareil à cet âge je suis preneur».

Cela marche sur presque tout : aller on fait un petit jeu, je mets les propositions et vous devez mentalement répondre : « Ah ouais mais il a plus de 40 ans, ça va en fait ! » Et vous voyez si ça colle.

  • -        T’as vu il court pas vite quand même !
  • -        Purée, mais il s’endort devant le film là ou quoi ?
  • -        Mais attends c’est quoi ce pull rose bonbon et ces chaussures rouges!
  • -        C’est moi ou je l’ai entendu ronfler pendant la présentation ?!
  • -        Quand même, 5 bouteilles de champagne à 4 ! (réponse à accorder en nombre)
  • -        Non mais c'est quoi cette musique !
  • -        Purée, je pensais pas qu’il avait testé tous les single malts écossais.
  • -        Euh t’as vu son nouvel oreiller, on dirait qu’il est sorti de chez Pininfarina.
  • -        Rrrr, mais qu’est-ce qu’il peut être vieux con réac quand même !
  • -        Tu crois qu’il vote Macron ?
  • -        Il serait pas un peu trop juste son moule-bite là ?

 

 Sur ce à demain.